Écrire !

Écrire ! Écrire ! Écrire comme l’on respire l’air léger de la crête raide, écrire comme l’on porte l’air de mer chargé de houle iodée ; écrire comme l’on hésite, avançant parfois à rebours de l’idée primitive d’un mot forcément relié à l’idée suivante.

Écrire comme l’on respire ensemble, instruments collés au corps qui court après la note jute, comme après la métaphore pertinente. Écrire sans oublier la tonalité, les respirations, sans faire comme s’il y avait une double-barre-de-fin.

Écrire, écrire et dire le monde comme l’on photographie les photons renvoyés par les humains et leurs choses ; prendre les mots dans leur flou sémantique et leur netteté chromatique.

Écrire ! Écrire et se taire aussi car l’espace vide est la promesse d’une phrase.

Symétriquement… Dessiner ! Dessiner ! Dessiner comme l’on respire l’air frais. Chanter ! Chanter ! Chanter comme on écrit à son âme. Jardiner ! Jardiner ! Jardiner comme l’on soigne l’orthographe et l’on essaye de nouveaux mots, ces graines imprévisibles comme rétives à la grammaire des nuages.

 

(En lisant Ossip Mandelstam, mi-juin 2018).

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