Le dromadaire à deux plumes

Un dromadaire avance coussinet sur coussinet, avec la précaution de celui qui connaît la friabilité des sols ; il porte une pensée d’une légèreté verte-à-points-blancs. Sous le vent il picore encore quelques mots ; dans le vent il guette l’irruption d’une idée, d’une histoire, le chant d’une saga. Aux côtés de vents montants et descendants, il progresse, repère et pense. Parfois il s’arrête et mâche quelques bonnes lettres appétissantes. Il tient longtemps ainsi, jusqu’à ce qu’il lui faille blatérer des mots s’emmêlant en phrases.

Sur ses bosses s’accrochent des paragraphes ; à l’arrêt du point-virgule montent un auteur et lecteur. Le pas à l’amble leur fait du bien : tous deux arriveront à la même page finale. Le lien est fait.

Déjà s’annonce la crête du prochain livre en signe de printemps. Le dromadaire croise le muguet du Cygne : à nos plumes !

 

(Pour le Cygne d’O, Premier mai 2018).

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