Baltique

Luc regarde de bleu en blanc, conjugués en variations suffisantes pour tapisser le ciel, le miroir des yeux et la coque du bateau. Un livre tend une paire de bras, carré de papier au-dessus de la courbe de l’aire d’atterrissage pour hélicoptère. Sur la Baltique, le soleil chauffe mais ne brûle pas, le vent caresse mais ne fige pas, la surface aqueuse apaise et ne secoue pas. La peau se détend sans l’écran de crème ; le pont supérieur est large pour les idées.

Y dansent les envies bleuies de lumière sans heure. Le temps bruisse le long du bastingage. Dans la soute, le Toy somnole pour reposer ses pneus : le 4×4 rêve des bouleaux frémissant en notes argentées, le long de la route d’Helsinki où leurs troncs syncopent la conduite incomparablement régulière d’une andante accaparante.

C’est un grand miroir où respirent de brèves crêtes d’écume qui gondolent à peine le gros dos du monstre estivant. La Baltique est d’un gris multiple noyé de place en place de vert d’algue, couleur de bronze. Le miroir est peuplé des gens et des choses qui transitent. Dans ses recoins fractals, les îles forment une voie poudrée de points sur la carte, et de rives brunes à l’horizon plat du bateau.

Luc se tait, son doigt appuie sur le boitier pour que la lentille saisisse le frémissement horizontal. Son appareil-photo respire.

(Finlande, juillet 2016).
Baltique, vers Septentrion, Luc y est parfois.

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