Archive pour 'Mots de vers'Catégorie

Encor Avril

24 avril 2012

Les flocons d’avril se mouillent au contact  de la saison glissant du froid parfois tiède, au vert semé de fleurs.

Cent heures de blanc permettent d’écrire des sauts du thermomètre, tiède à chaud replongeant parfois au plutôt frais.

L’air du printemps sent autrement que celui de février, comme plus lesté d’eau.

(Orcières).

Entre-saisons

21 avril 2012

Si loin où porte la neige en averse
Court le fil blanc du regard plongé
Dans le calme d’entre-saisons qui
Hésite entre fonte et flocons frais.

(Orcières).

Pluie-Plaine

25 juillet 2011

Pluie, tu évoques des plaines
Aussi profondes qu’un ciel
Habité de tous les gris
Gorgés de lumière et de bon
Air qui dévoilent la route
Goutte après vent.

(mai 2001).

Solstices

23 juin 2011

L’heure tourne sur elle
Même si le soleil ne fait qu’un
Arc et qu’un seul ici ou là
Bas ou haut, horizontal
Au nord toujours, jours égaux
Au sud.

(Soir de juin 2011).

Double soleil

17 février 2010

Je garderai dans le regard
le point d’orange et le point de rose rejoints
par la même heure la nuit
sans sombre sans trouble sans bruit

Les deux soleils me susurrent une histoire
de lumière éternelle au faîte de la Terre
où le Nord rejoint l’Ouest et l’Est
sous la ligne polaire d’un cercle imaginaire

La lumière est sans ombre qui
me garde là-haut un pan
de ma mémoire médusée.

(Mémoire de Töre, Suède).

Ce beau jour

17 juin 2008

Joie, tu seras après-demain
Celui qui déjà là aujourd’hui
Aspire nos souffles
Qui portent ouvertes nos mains
Tendues vers ce jour de joie

Jusqu’à ce jour ouvert Joie
où nous te verrons toi
Qui seras nous trois
Ensemble dans la même eau
Ici, là ou ailleurs n’importe où

Tu es notre Joie
Jusqu’à ce qu’un nom
Sera celui-là beau
Sur ton visage encoloré
Qui veillera avec nous

Jusqu’au joli jour de Joie
– A trois après-demain

Tandem pédestre

2 juin 2008

Je ne veux pas me cacher dans l’ombre de tes semelles
Mais, porté par la poussière des rêves
Marcher dans le rythme de tes enjambées
Aimer grandement quelqu’un, c’est le rendre inépuisable
- a dit le poète
A moi de t’enrichir toujours plus
Pour que nous nous précédions réciproquement
D’un pas qui nous soit propre.

(août 1999)

Mémoire (27 février 2001)

27 mai 2008

De ci, de là

D’inquiétude et d’un présent en éclipse
Du vingt-sept février nouveau matin
Où les coqs n’appelèrent pas le jour
De ces semaines-là dans le Nord
Où le soleil fait carême si humide
Les soucis vibrent des feuilles lointaines
Qu’aucun sourire n’oublie si facilement
En ces Pâques-là, en ces mois-ci
La chanson de Gainsbourg et le violon de Perlman
N’en finissent pas de tenir le coeur et de
N’oser autrement qu’en silence parler de
Quiétude que quelques mots et virgules
Pourraient non dire mais suggérer de ci, de là
–A ma Princesse pour laquelle j’écris hic et nunc.

Mémoire (20 novembre 1999)

26 mai 2008

Les chats miaulent encore patois et filent les papillons entre les ballots de paille. Regarde

Bien sûr les massacres lointains et les hommes sans musique
Bien évidemment le soleil se lèvera demain sur Rumegies
Mais les briques, le ciel bas ou les peupliers allumés d’orage, les routes de salade, le poêle à charbon et les clapiers sont enrhumés

Bien sûr la guerre de 14 a marqué l’Europe tout entière
Bien évidemment les déluges et les accidents et les fractures sociales
Mais le chocolat de chez Louvet, les lapins, les frites manuelles, les fraises sans égales, les tartes belges de Lesdain, les magazines idiots, les histoires du village gardent un peu le sel des larmes

Les enfants sortent encore de l’école et les cloches résonnent le même son. Ecoute

Bien sûr la mort était peu pour toi : non pas adieu mais au-revoir, Mémé.

Linotte

13 mai 2008

J’ai voulu revoir le château de mon enfance
Rejouer au chat-huant dans le crépuscule
Recrier dans le parc touffu de mes jeux tapageurs
Rechercher dans les haies jusqu’au perchoir de la linotte

tsou-ît tsou-ît
C’est moi, ami linotte
C’est toi, au front et poitrine rouges

Repartir pour notre cour de fou
Pour la tête grise rayée de dame linotte
Pour la blondinette frimousse de la coquine voisine

Nos amours volettent, ami
ghèghèghè… knèètteèttètt…

Je suis revenu me poser ici
Rechanter avec la linotte mélodieuse
Pour la tête grise rayée de dame linotte
Repleurer mes amours incomprises
Pour la blondinette frimousse de la coquine voisine

OL, quinze octobre 1995
(Mon enfance, Barbara).

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