La haie frémit, gonflant d’un souffle. Une fauvette crie, ou chante comme parlant de la respiration du lieu, dont la température s’élève progressivement. Le regard glisse sur cette feuillade, roulant sur le vert et le brun du branchage. Luc respire, adossé au Toy, laissant le temps infuser le silence vibrant de toute la vie des arbres.
Il ouvre la boite, en sort quelques feuilles. Il déplie la couverture, et y pose l’objectif. Le boîtier passe d’une main à l’autre. La bouilloire s’apprête ; Luc prend la théière à deux mains, encore fraîche. Des images surgissant face à la haie ondulante, il voudrait boire son jus vert d’ivoire.
Le thé frémit. Dans un souffle, le photographe appuie sur le boîtier. La tasse verte-brune est prête.
(Lu Shan, janvier 2012).
Le thé a un son, qui frétille d’eau et d’air dans des feuilles dehors et dedans quand le cadre est choisi.