Parc à Belgrade

21 juin 2009

Ici au pied du Musée d’Art Contemporain en pleine reconstruction au point qu’il s’agirait d’une installation, les sculptures étaient protégées par des palissades ou des grilles qui en déploient les possibilités. La structure du bâtiment, à  multiples facettes d’un polygone, semble être soulignée des traits réguliers des échafaudages. Luc n’a finalement pas dessiné hier soir, de retour à l’hôtel, car il passait plus de temps à parler, par le truchement d’internet, avec ses contacts, comme pour nourrir de ce recul complémentaire de la parole les prises de vue. Il lut aussi quelque peu, et fort tardivement, le livre sur les trésors patrimoniaux de Belgrade -avec une longue introduction exposant l’histoire de la Serbie, qui s’arrête en 1989 alors la date dénichée en page de garde est 2004-.

Ici assis dans le parc que l’on peut croire non entretenu, très boisé aux grandes herbes que l’on dirait non foulées. Jaillit vers le ciel au soleil méditerranéen déjà vertical le monolithe de ce qu’il croit se souvenir être l’ancien siège du Parti Communiste, bombardé en 1999 et réhabilité en activités plus profanes. Ici sous l’ombre l’on sent la fraîcheur du vent glissant sous la raideur du soleil, comme à angle droit.

Si, le parc est parcouru car des fils de pas passent dans les hautes herbes. S’y retrouvent un père et un fils pour jouer au football, un groupe pour festoyer, un autre pour s’entraîner au judo. Y passe parfois une voiture ; peut-être même des ombres hantent les lieux.

L’ombre du PC s’estompe-t’elle ? Le bâtiment est devenu un gratte-ciel de bureau, auquel est maintenant accolé un centre commercial délicieusement géométrique. Tant à l’intérieur est lumineux, immaculé et un rien superficiel ; pourtant certains objets sont beaux à regarder. Luc rentre par pas détournés à l’hôtel.

(Belgrade, fin avril 2009).

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